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Les haies pour lutter contre l’érosion, tout un programme.


Le 6 juin à La Selve, Frédéric Bousquet accueille les Associations « Pour la Santé de la Terre et du Vivant » et « Arbres Haies et Paysages de l’Aveyron », pour un échange qui s’annonce riche.

 C’est sur l’exploitation de Frédéric Bousquet, à Clapiès, sur la commune de La Selve, que va se dérouler le mardi 6 juin prochain à partir de 13h 30, un premier échange de vues ouvert à tous, entre l’Association pour la Santé de la Terre et du Vivant et l’Association Arbres Haies et Paysages de l’Aveyron.

En fait, ces deux associations étaient faites pour se rencontrer tant elles véhiculent des valeurs et des objectifs complémentaires sur le moyen et long terme. Et c’est Frédéric Bousquet, 45 ans, éleveur-agriculteur Bio, membre de l’APSTV, qui a servi de trait d’union : «A Clapiès, les 80 hectares de l’exploitation se répartissent autour de la ferme sur un relief vallonné avec par endroit de forts dénivelés et j’étais confronté à des problèmes d’érosion lors de pluies importantes ». Frédéric s’est alors rapproché de l’Association Arbres Haies Paysages de l’Aveyron et de Laura, une de ses deux permanentes.

 

Laura, 25 ans, technicienne salariée depuis 2012 après des études d’agro foresterie, a supervisé la mise en place d’une première haie anti-érosion de 750 mètres de long chez Frédéric, il y a un an et demi :

L’association existe depuis une dizaine d’années et a vu le jour sous l’impulsion d’un groupe d’agriculteurs qui cherchaient une structure pour avoir des conseils sur la plantation de haies pour faire face aux problèmes qu’ils rencontraient. Notre mission est de promouvoir l’arbre et la haie champêtre par la plantation de haies et de sensibiliser les gens à leur entretien et à leur développement.

A travers tout l’Aveyron, l’association a déjà planté plus de cent kilomètres de haies :

Nous sommes aujourd’hui à une moyenne de 13 kilomètres de haies par an alors qu’il y a cinq ans nous en étions à 9 km.

Frédéric Bousquet qui utilise les technologies Marcel Mézy depuis plusieurs années, espère avoir mis en place cinq kilomètres de haies d’ici cinq ans, la seule solution durable pour éviter de voir partir régulièrement la couche supérieure de la terre lors de violentes précipitations.

 

Laura Fournier se réjouit de cette prise de conscience qui se développe d’année en année :

La haie ne surfe pas sur une mode, ce qui explique notre croissance régulière. Trois ans après la plantation d’une haie d’arbustes, on commence à avoir des résultats tangibles au niveau de l’érosion des sols. Pour les brise-vent, avec des arbres, il faut compter une dizaine d’années.

J’ai l’impression de laisser mon empreinte

L’Association Arbres Haies Paysages d’Aveyron bénéficie d’aides régionales, départementales de la Fédération des Chasseurs, de l’Agence de l’eau Adour Garonne et de AFAC-Agroforesterie. Ce qui permet de tirer vers le bas le coût de la mise en place de ces haies.

De plus, la plantation a pris tout son sens car l’exploitation agricole est située sur le bassin versant du Viaur, où le Syndicat du Bassin Versant mène un Programme d’Action Territorial afin de reconquérir le bon fonctionnement des milieux aquatiques de la zone, notamment en passant par la limitation de l’érosion des terres agricoles.

Chez Frédéric Bousquet, c’est un mélange de six espèces (prunelier, aubépine, troène, cornouiller sanguin, bourdaine, viorne lantane) qui a été mis en place pour un coût n’excédant pas un euro le mètre linéaire. Pour les haies coupe-vent, les  variétés les plus utilisées sont le noisetier, l’érable champêtre et le frêne et dernièrement un partenariat vient d’être signé avec une coopérative pour l’implantation de noyers.

Le 6 juin, en guise d’accueil, Frédéric Bousquet présentera son exploitation au public, une exploitation qui va évoluer ces prochaines années puisqu’il compte arrêter l’élevage des brebis laitières pour se consacrer exclusivement aux cultures Bio, à savoir blé meunier, colza, orge, pois protéagineux, lin, sarrazin et luzerne : « Avec ces haies qui seront disposées tous les cent mètres sur les versants, c’est tout un nouvel équilibre qui va se mettre en place car les haies, en plus de stopper l’érosion, attirent aussi les auxiliaires qui aident à lutter contre certaines maladies et parasites ».

Comme le dit si bien Frédéric :

En mettant tout cela en place, j’ai l’impression de laisser mon empreinte.

Laura Fournier viendra ensuite parler de son expérience au sein de l’Association Arbres Haies et Paysages de l’Aveyron et répondre aux questions des visiteurs.

Gauvain Meulle, ingénieur agronome et animateur de l’Association pour la Santé de la Terre et du Vivant, profitera de cette rencontre amicale pour évoquer plus largement les problèmes d’érosion et présenter l’association en compagnie de Mathieu Causse, président.

La réunion se poursuivra par une visite sur le terrain, tout au long de cette haie de 750 mètres. L’occasion pour Frédéric Bousquet et Laura Fournier d’entrer plus concrètement dans la problématique liée à l’érosion.

Cette première réunion sur le Ségala revêt une grande importance symbolique pour l’Association pour la Santé de la Terre et du Vivant qui se veut avant tout être une force d’échanges et de soutien, de partages et de rencontres pour une agriculture de qualité.


Pour en savoir plus sur la journée, retrouvez le programme complet ainsi que le bulletin d’inscription ici en cliquant sur ce lien ! 

 

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